• Les Chinois, Sandy, Bill... Obama a oublié de vous dire merci

    Belle synthèse dans Rue 89,

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    Les Chinois, Sandy, Bill... Obama a oublié de vous dire merci

    Publié le 08/11/2012 à 17h58

    Finalement, Superman n’est pas cloué au sol. Pas hyper à l’aise pour combattre la crise, il a remis sa panoplie pour vaincre l’immonde Mitt Romney et offrir au monde quatre années de joie, de bonheur et d’allégresse. La force bleue a terrassé la force rouge qui aurait enfoncé le monde dans des ténèbres proches d’un Moyen-Age effrayant. La lumière a vaincu l’ombre. Bref, Obama a gagné.

    Mais comment a-t-il réussi là où Nicolas Sarkozy, Gordon Brown, José Luis Zapatero ou Silvio Berlusconi ont lamentablement échoué ? Comment a-t-il survécu à la crise ?

    Dans son discours, Obama a remercié plein de monde : sa femme, les militants, les votants... Mais il en a oublié quelques-uns.

    Discours de victoire d’Obama, le 6 novembre 2012 à Chicago

    En anglais (les remerciements sont au début de la vidéo)

    1 Merci les Chinois

    (Et l’Europe, au passage)

     

    Oui, oui, merci les Chinois. Merci aussi les Japonais, les Coréens, les Saoudiens, etc. Tous ceux qui ont permis à l’Amérique de vivre, une fois encore, au-dessus de ses moyens. Ceux qui ont continué à acheter de la dette américaine et à offrir à Obama une chose impossible pour les Européens : une relance par la demande, sans politique de rigueur.

       Xi Jinping (qui doit succéder à Hu Jintao à la tête de la Chine) et Obama, le 14 février 2012 à la Maison Blanche, Washington (Susan Walsh/AP/SIPA)

    Alors, bien sûr, ces quatre années ont été dures pour les Américains qui ont découvert le chômage de longue durée. Mais point de coupes budgétaires violentes et douloureuses. Elles arriveront bientôt peut-être, mais Obama et la Réserve fédérale (FED) ont pu faire fonctionner la planche à billets, sous forme de bons du Trésor, qui ont trouvé preneurs chez les Chinois, donc. Et en plus, à très bon prix.

    Les taux d’intérêt promis par les Américains restent parmi les plus faibles du monde parce qu’ils continuent de trouver des créanciers étrangers qui conservent leur confiance dans l’économie américaine à moins, plus sûrement, qu’ils ne craignent un effondrement de l’Amérique qui les entraînerait avec eux.

    Reste que la crise européenne a rendu au dollar sa qualité de valeur refuge (merci l’Europe, au passage).

    Même au plus fort des inquiétudes sur le relèvement du plafond de la dette, en juin et juillet 2011, les émissions de bons du Trésor n’ont jamais connu de véritable coup d’arrêt. Entre mai 2011 et février 2012, les bons détenus par des créanciers étrangers ont même cru de plus de 13% !

    2 Merci Bill Clinton

    « It’s the economy, stupid »

     


    Barack Obama et Blill Clinton, le 4 juin 2012 (Pete Souza/The White House/Flickr)

     

     

    Il aurait pu en dire un mot. Bill Clinton a magnifiquement mis la campagne de Barack Obama sur les rails lors de la Convention démocrate début septembre. Véritable icône du Parti démocrate, et respecté par les républicains pour son excellent bilan économique, Clinton a dézingué comme personne le programme économique de Romney-Ryan les renvoyant à apprendre à compter.

    Très présent jusqu’à la fin de la campagne, Clinton a certainement permis de convaincre les indécis et les baby-boomers qui gardent un souvenir ému de la croissance de la fin des années 90.

    Et puis, en face, les républicains n’avaient aucun Président à exhiber :

    • Bush fils continue d’être un pestiféré – mais soyons certains qu’il sera bientôt réhabilité comme le fut Nixon dans les années 80 –,
    • son père est grabataire,
    • et, malheureusement pour eux, Reagan est mort.

    3 Merci Sandy

    De la part du « commander in chief »

     

    Minoré par le génie Nate Silver, l’ouragan Sandy a cependant joué un rôle dans les derniers jours de la campagne. Non seulement il a, un temps, eclipsé Romney mais il a offert à Obama une occasion exceptionnelle de montrer à quel point il était doté d’empathie et des qualités d’un « commander in chief » digne de ce nom.


    Barack Obama et une victime de l’ouragan Sandy, à Brigantine, dans le New Jersey, le 31 octobre 2012 (Pablo Martinez Monsivais/AP/SIPA)

     

       Spiderman et Mike Bloomberg, en novembre 2010 (Midtown Comics/Wikimedia Commons/CC)

    Qui plus est, Sandy lui a permis de recevoir deux soutiens de poids :

    Et quand on voit le score d’Obama dans le New Jersey – 17 points d’avance sur Romney, bien plus que ce que les sondages avaient prévu –, on se dit que Sandy a dû jouer un rôle.

    Si l’ouragan n’a pas changé le cours de l’élection, il a contribué à figer les rapports de force alors que Romney s’apprêtait à lancer toutes ses forces – et des dollars – dans le sprint final.

    4 Merci Todd Akin et Richard Mourdock

    Cher vote des femmes

     

     

    Sans le vote des femmes, Obama pouvait faire ses valises. Elles lui avaient offert 13 points d’avance en 2008 mais tout le monde craignait que, fortement touchées par la crise, elles ne se détournent de leur champion.

    Alors, merci Todd (Akin) et merci Richard (Mourdock). Merci à ces deux candidats au Sénat, l’un dans le Missouri et l’autre dans l’Indiana. Le premier avait, juste avant le début de la Convention républicaine de Tampa (timing parfait), balayé d’un revers de la main l’avortement en cas de viol : une femme, si elle le décide, ne tombe pas enceinte

    Photo Todd Akin (Congr&egrave ; s US/Wikimedia Commons)

    photo Richard Mourdock (Etat de l’Indiana/Wikimedia Commons)

    Coincé par le Tea Party et les ultrareligieux, Romney n’avait condamné que du bout des lèvres ces paroles. Il faut dire que Romney avait lui-même tenu des propos contradictoires sur l’avortement et la contraception.

    Fin octobre, Mourdock en rajoutait une couche en se prononçant publiquement contre l’avortement, y compris en cas de viol, car la naissance reste « un don de Dieu ». Dommage : la veille, Romney l’avait soutenu publiquement. Et s’il a condamné, une fois encore, les propos, il n’a pas retiré son soutien à un candidat qui devait faire basculer la majorité du Sénat du côté républicain.

    Obama pouvait alors tranquillement martelé son message aux femmes. Avec lui, elles seraient protégées des dérives des républicains.


    Affiche de campagne du Parti démocrate, sur le droit des femmes

    Résultat ? Akin et Mourdock battus et Obama qui obtient 11 points d’avance dans l’électorat féminin, et même 13 points d’avance dans les fameux « swing states ».

    5 Merci Mitt Romney

    Incapable de raconter une histoire aux Américains

     

    Et évidemment, merci Mitt. Merci d’avoir été un candidat si faible. Merci d’avoir changé d’avis si souvent que les démocrates se sont délectés de demander : « Qui est le vrai Mitt Romney ? »

    Merci d’être incapable de raconter une histoire aux Américains. D’être incapable de leur raconter que vous êtes l’Amérique. Pas facile en effet quand on est un « fils de » – son père, très riche, fut gouverneur du Michigan – et qu’en plus on a fait soi-même fortune sur le dos des Américains – selon les démocrates bien sûr – en ne payant pas suffisamment d’impôts et en détruisant des emplois.


    Photo Paul Ryan (Congr&egrave ; s US/Wikim&eacute ; dia Commons)

    Merci enfin d’avoir choisi comme co-listier Paul Ryan, qui a fait plaisir à la droite religieuse, mais qui a effrayé les femmes. Merci de ne pas avoir choisi Marco Rubio, le sénateur de Floride, à sa place. Il aurait sûrement éviter la bérézina dans le vote hispanique. Un vote qui s’est porté massivement sur Obama (75%), plus encore qu’en 2008 (68%) et ce malgré un nombre record de reconductions à la frontière de clandestins et la promesse non tenue d’une reforme de l’immigration.

    Quant à moi, je remercie Rue89 qui a hébergé L’Amérique dans la peau depuis un peu plus d’un an. Merci aussi aux riverains. C’était chouette, mais là, on sature un peu avec l’élection américaine, non ?

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